poLétiquement vôtre

25 janv. 2022

Mon cauchemar pour un mouchoir !

>Voulez-vous moucher avec moi, ce Noir ?< 

M'est avis qu'il fait froid, ici...
La chambre, faible
à tout perdu de sa superbe
malgré tous ces corps alanguis

Oh, c'est vilain !
Oh, c'est pas beau !
de voir en elle une catin*
en n'apercevant que son dos

Un petit rabiot de blinis ?
L'heure est ouverte à tous les vents
(ceux que l'on se prend, méchamment)
à tâtonner trop de pubis !

Chien de Diogène, où est ta niche ?
Sous le pavois des grands bourgeois ?
Dans une maxime de Nietszche ?
Au tronc où je grave un "Et moi ?"

Horrible rêve
quitte ma lèvre !
Sinon, je prends ta barbichette
et m'en tricote une soquette

Oh, c'est malin !
Oh, c'est ballot !
de renvoyer au Lent Demain
l'envie certaine d'un brûlot

Il pleut des dents, cher Cormoran
par les trous de mon nain conscient
car, de "Voyelles", j'ai la clef
(en vrai, son prénom, c'est Cosme)

Rien à voir dans ce corridor
que dépouilles de matamors
sur quoi j'écrase mes orteils
(comme une larme à mon réveil)

mouchoir-triste

tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
* ...aurait pu dire Daniel Morin !



"Rien à voir ? Pas sûr !"

 


24 janv. 2022

émotionnel chantier

"Eh bien, chantier ! Maintenant..."

Mon cher professeur de douleurs
m'en saigne ! à force de lire
dans une malingre fleur
le code ingénieux du délire

Où je repasse, à la truelle
une trouée dans le mur
de mes intellectuelles
et charnelles mésaventures

Tant se dévide, fil à fil
l'Universelle Permanence
dans la contemporaine danse
d'où je crie, fervent et futile
que je consens, nu, sous la lune
(bien au dépens de mes fortunes)
à me dissoudre et disparaître

Ici - me faut le reconnaître
j'ignore tout du bâtiment...

Où s'échapper quand tout s'efface ?
Quand l'oubli reste la menace
malgré cet élan amoureux
pour ce crépi, pour tes beaux yeux...

N'est-il étrange - allez : bizarre !
qu'au firmament, le camaïeu
cède la place et tout son art
à la grisaille dans les cieux ?

"Sans rire; dansez, à présent !"

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tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un 
341ème défi d'écriture ludique, lancé par Evy.
Pour thème : "les émotions"; avec les mots proposés (en libre adaptation) : Crier, Lire, Échapper, Bizarre, Douleurs, Gris, Effacer, Fil, Professeur, Univers...


 

 

22 janv. 2022

☆Ǝtoile cⓄllante

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Je suis heureux de consacrer le 300ème billet publié sur cet espace à l'Agenda Ironique, un atelier d'écriture que j'ai rejoint tout récemment.
Découvrez l'atelier de janvier hébergé par >Lyssamara<

...Grâce auquel je viens de faire la découverte d'un chouette poLète italien (dont je ne parle pas la langue, mais puis admirer le brillo) : Marcello Comitini. Check dis! Gug' mal ! Увидим!


☆Ǝtoile cⓄllante

Tandis que les autres demeuraient silencieux, Ɖee se mit à aller et venir, fouillant dans tous les tiroirs de sa mémoire virtuelle, logés dans les parois, le sol et le plafond de son simulateur personnalisé. Pour stimuler sa réflexion, il roulait dans la paume de sa main gauche, un galet prélevé l’an dernier, dans le ruisseau contournant la maison de feu ses parents, quelque part en Europe. Pas le satellite de Jupiter; sur le continent terrien, donc.

Les cinq autres membres de la mission “Céphéides” savaient pertinemment que leur réserve disciplinée viendrait en appui de la concentration extrême dont Ɖee était singulièrement capable; lui qui était, à son ordinaire, d’un tempérament des plus exaltés. 

Étendu dans son caisson, Ɖee manifesta un soudain revif de ses mouvements oculaires, derrière ses paupières closes.
“- Il ne va plus tarder à réémerger, s’autorisa à remarquer SeeLu, la ‘doc’ de l’équipage. Pourvu qu’il en rapporte de quoi nous soustraire, une fois pour toute, à la menace de cet abominable sicaire stellaire.”

 Un ange passa de nouveau dans le logement des caissons individuels.

“- Trois mois que ces fichues “chandelles” nous bombardent, soupira enfin Geert, l’astronome-géologue. Quels que soient nos choix de trajectoire, leurs rayonnements s’attachent à nos basques comme des jets de boue où se seraient agrégées des poignées de lucioles atomisantes !”

Peu après le réveil de Ɖee, l’équipage se rassembla sur le pont central du vaisseau. La conclusion dont Ɖee venait de leur faire part les avait plongés à nouveau dans un silence circonspect.
“- Un code ! avait exulté Dee, en s’extirpant de son caisson. Et je crois savoir comment le décrypter. Tous en salle de commande !”

Ils s’y trouvaient donc, à présent, résolus à se revancher, après tant d’heures d’incertitude sur leur sort. Délivrance leur fut assez rapidement débitée par la voix synthétique du décodeur programmé par Ɖee, sur la base des éléments résultant de sa déduction, partiellement intuitive, mais plausiblement rationnelle.
S’il s’agissait bien d’un message, c’est donc qu’une entité s’adressait à eux. A eux en particulier, puisqu’elle les poursuivait à travers la Voie Lactée depuis des jours et des jours, de céphéide en céphéide.
Pour dire quoi ? Ceci : Je m’attache très facilement.

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tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour l'Agenda ironique de janvier, observant les consignes suivantes :

  • utiliser l'incipit : « Tandis que les autres demeuraient silencieux, il se mit à aller et venir, fouillant dans tous les tiroirs »
  • cette phrase-phare capturée : « Je m’attache très facilement »
  • tout ou partie de cette liste de mots : étendre, galet, sicaire, céphéide, ange, se revancher et revif

 



"Vibrations coming my way, when you're floating on by, in you gold dress
Vibrations coming to play, when your'e filling the sky, with your gold dress"

20 janv. 2022

Episode 38 - Vides salutaires (3/3)

Trente-huitième question posée par l'Atelier en question(s) :
"Comment se nomme son docteur ?" 

Voyez plutôt...


Vintage stories : " Vides salutaires (3/3)  - En 44, ça date... "


-- Quelque part sur le front de mer des Pays de la Loire --
Après avoir difficilement trouvé où parquer son véhicule, Varlotta, avant de faire les honneurs de sa villégiature familiale à Robert, l’invita à faire quelques pas sur le rivage où la marée se retirait, découvrant peu à peu les rochers à jamais chargés du souvenir d’une enfance joyeusement débridée, partagée avec ses cousins, ses cousines, et les enfants des amis proches de sa famille.

“- Nous verrons cela demain, Robert, commenta Varlotta, car, à cette époque de l’année, la marée haute vient buter contre la digue, parfois avec furie, jetant des gerbes d’eau capables de nous enjamber comme ce parapet. Quand j’étais enfant, avec mes cousins et amis, nous avions coutume de défier les vagues en longeant la digue depuis cette calade jusqu’à cet escalier, et retour, dans une course effrénée, censée ne pas être rattrapée par la ruée des vagues. Sauf qu’une fois trempés jusqu’à l’os, le jeu consistait davantage à ne surtout pas se faire emporter par les vagues, lesquelles ne manquaient pas de nous embrasser, copieusement.
“- Vous ? Un gamin turbulent ? Je l’aurais pas cru, s’étonna Robert Merle.
“- Turbulent, non; je ne dirais pas cela, renchérit Varlotta. Mais un brin casse-cou, ça, oui ! C’est qu’il y avait des filles parmi nous, vous comprenez ?
“- Ah oui, d’accord ! s'exclama Robert, un sourire naissant au coin de ses lèvres crispées par le manque. S’il y avait des filles, alors…”
La promenade se poursuivit jusqu’à l’entrée de la commune attenante. Tout du long, Varlotta reconstituait le paysage littoral de son enfance en indiquant à Merle ce qu’il en subsistait ou ce que l’urbanisation en avait modifié.
“- Fort heureusement, les rochers demeurent, hein, chef ? souligna poliment Robert Merle, tandis que les symptômes de son addiction l’assaillaient toujours davantage.
“- Vous avez bien raison, Robert, acquiesça Varlotta. Mais vous grelottez. Le vent ne pardonne pas. Fichus Rosbifs ! Allez, rentrons.”

La maison, située en front de mer, offrait un aspect extérieur des plus lumineux, avec ses murs blancs et ses boiseries peintes de jaune. Elle se scindait, par le milieu, en un oriel surplombé d’un balcon, et une pergola logée dans une encoignure l’abritant du vent d’est (le plus frais). Les dates inscrites à son front attestaient de son ancienneté balnéaire : 1864 / 1921.
“- L’âge d’or d’une bourgeoise d’avant les congés payés, commenta de nouveau le commissaire en gravissant les quelques marches devant la porte d’entrée pour y introduire sa vieille clé de laiton.
“- Je savais bien que vous en étiez, très cher, ironisa Robert, dans son dos.
“- De quoi ? demanda Varlotta.
“- Ben, de la Bourge, patron. Il n’est que de vous entendre parler pour le déduire, appuya Robert entre ses dents claquantes.
“- J’en suis issu, en effet, Robert. Mais de cette bourgeoisie qui avait à cœur d'œuvrer pour le Bien-Être commun, précisa Varlotta avant de se retourner pour céder le passage à son favori subalterne. Laquelle me porte aujourd’hui à vous offrir toute son hospitalité. Au propre comme au figuré… Très cher, ajouta-t-il avec un clin d'œil espiègle, censé adoucir la gravité du ton qu’il venait d’employer.”
Puis, tous deux pénétrèrent en silence la soudaine obscurité du hall carrelé.

L'aménagement intérieur frappa l'esprit du major Merle, quand Varlotta eut fait la lumière. Celle-ci tomba, feutrée, depuis un lustre au cristallin soufflé bien avant la guerre... de '70 (1870 !), tout comme l'escalier de bois sombre à la rampe ouvragée, soutenue par des torsades rococo.
"C'est au moins aussi vieillot que la façade, c't endroit, songea-t-il."
Déposant leur bagage dans le hall, Varlotta ouvrit la porte du salon, sur le côté droit. Un mobilier disparate, sans recherche d'harmonie, reposait sur des tapis tout aussi éclectiques et usés. Le salon bénéficiait cependant d'une extension vitrée, servant de terrasse à la principale chambre de l'étage, et offrant un bain de lumière inespéré dans ce lieu qui semblait voué à s'en prémunir.
Comme s'il pouvait lire dans les pensées de son agent, le plus jeune commissaire de France lui fit ce commentaire :
“- A l'époque où la maison fut conçue, contrairement à aujourd'hui, il était fort mal vu de paraître bronzé en société; à l'exception notoire des personnes revenant "des colonies", précisa-t-il en soulignant du geste ces derniers mots. C'est pourquoi les tableaux, de la fin du XIXème jusqu'à la Belle époque, représentent toujours les dames se promenant sous une ombrelle, en longues manches et col au menton.
“- A l'époque, oui, bien sûr... commença Robert, vacillant sur ses jambes.
“- Allons, Robert. Je vous montre vos quartiers, enchaîna Varlotta, forçant un ton enjoué.”

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Une fois Robert installé à l'étage, dans la "Chambre des Pins", laquelle donne sur le petit jardin fermé, à l'arrière du bâtiment, Varlotta consulta son calepin, pris d'un doute. Ne trouvant pas le renseignement qu'il y cherchait, il prit le vieux combiné filaire à paume d'ivoire et composa le numéro de son secrétariat. Quand la communication fut établie, il demanda avec empressement :
“- Brigitte, je suis avec Robert dans ma maison de Pornichet. Notez-en le numéro fixe et, s'il-vous-plaît, trouvez-moi au plus vite comment se nomme son docteur, voulez-vous ?
“- Bah ! Le numéro, je le connais, voyons. Et tu m'as appelée sur le fixe, justement, Henri. Inutile de me vouvoyer, ironisa sa jeune épouse. Ne t'en fais pas. Je vais te dénicher ça dans le quart d'heure. Tout va bien ?
“- Pour moi, oui. Pour lui, c'est le début de l'enfer, soupira Varlotta.
“- Je suis fière de toi, Henri. Tu es bien la seule personne à même de nous ramener, Robert.
“- Oui, ben, c'est pas gagné, ma chérie.”
Après avoir pris quelques nouvelles de son ancien et de son nouveau bureau, Varlotta raccrocha.
“-  Les affaires reprennent... Tu parles ! se reprocha-t-il.

(la suite prochainement)
___

[précédent]


Pour embrasser tout le fil du feuilleton.


tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK


Le feuilleton développe à présent sa DEUXIÈME PARTIE
Intitulée 
"vintage stories", elle opère un retour sur les motivations des personnages, principalement autour de celles qui conduiront Anne-Sophie Grangier, mère du personnage central, à convaincre Sophronyme de renverser le modèle mondial dominant. 

Le principe de publication demeure le même; il répond aux questions hebdomadaires posées par l'Atelier en question(s), proposé par AnnickSB (que je ne remercierai jamais assez pour cette intiative).

viande art (sérieux ?)

Sérieux ?

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"Je ne suis pas un numéro; je suis un homme libre !" 
disais-je, invectivant ma Fibre 
qui me renvoyait au zéro comptable, sur son Grand Livre... 

Pas faute d'avoir abondé, au compte idoine 
(sans négliger le soin porté à mes pivoines) 
de mon intellectuel et virtuel patrimoine 
... de pigeon !

Oui, bon... 

Hein ? Oui, je parle à mon nombril
C'est toujours le même murmure
qui bute sur le même mur
et rien au Conte qui ventile

Là, j'interroge une omelette...

"C'est quoi, le mieux : perdre la tête,
fomenter un complot absurde,
scander, à tue-tête, un chant kurde
ou se voir comme une brouette ?”

Oh, cette charge, allez ! Péché !
... que c’est de marcher sur le monde
(à mon allure et sans faconde
chaque pas martelant sa marge)
y voyant grossir les nuages
comme autant de funestes barges
lancées sur nos flots d'yeux brouillés

L'omelett' cuite
savourons donc ses champignons, sans point de fuite
autre qu'un horizon, et son front de marmite…

C'est la saison !
C'est la saison des morts subites
- au mieux, par défenestration !
A l’étouffée ? C’est comm’ vous dites…
cynique Orange
au ventre étrangement étranger à nos anges

“Y en a un peu plus; ça ira ?
C’est, nonobstant, de la belle paranoïa…
Voui ? Nan ?
Vraiment ?
Bon, vraiment pas. D’accord, mais, han !”

"- De quoi parle-t-il ?
"- Je sais pas, mais y en a à foison, toujours plus bas.
"- Rho, non ! Il est en mode 'logorrhée'.
"- Donc ? Pas moyen d'en réchapper, lisons.
"- Moi, c'est Daniel.
"- Euh... Oui, pardon. Et moi, c'est Bill."

"- T'aurais pas une rime en 'el' ?
"- Non.
"- Bon... C'est la merde !"

"- Pour lui peut-être, mais pour nous ?
"- T'as déjà bu de l'hydromel ?
"- Euh... Peut-être à ma communion.
"- Et donc, c'en était quoi, le goût ?
"- Genre... : missel ?
"- Pas viande ?
"- Ben, tu sais, chez nous à Ostende...
"- ...Vous vous tenez au gare-à-vous devant des sandwich's, poivre et Selz, au goût 'saumon'.
"- Oui, bon. Pardon...
"- C'est qui, ta mère ?
"- ... ?...
"- 'ttends, ça reprend.
"- Chui trop véner !
"- Mais ferme bien ta gueule. Eh, frère !"
(cela dit sur quelque trottoir
où finissait, à l'évidoir
un lin de l'Autre - oh, éphémère !)

Oui, suis colère, et l'œil amer !
C’est la matière; c'est ma Geste…
Excavation d'exclamations, Ô ritournelles !
Pas question d’en tourner la veste
- et surtout pas aux "Cartes ? Vends !"...
mais d’agiter cette crécelle
de pestiféré sous les ciels
où saigne quelque artiste pleur
sous le nez de vilaines marchandes tumeurs

Ah, nous voici rendus au bout…
Signez ici : “Fin de série”
Cela fera, disons : Quat’-Sous ?
Plutôt que les jeter dans l’âtre
que diriez-vous d’aller plancher sur un théâtre ?
d’y composer un numéro
avec tout ce qu’il nous reste au frigo !

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tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

15 janv. 2022

Karmen's Happy End : CLASH!

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Ce soir, Karmen finira bien, là, sur les marches de Calais
dans l'ouragan d'accords gitans lancés sous le ciel impavide
où s'embrassent l'accordéon et les guitares émotives
sous le fronton d'un parthénon aux toiles vouées aux vents mauvais

Las, sur le parvis de Calais, s'attarde mon regard lunaire
en bouche, un besoin de hurler (ou peut-être une envie de raire ?)

Allez savoir, dans ce foutoir, où l'oraison peut s'égarer...
Allons, dansons ! Et refermons cet écritoire
sur l'ajour de nos heurs de gloire !

Sûre d'elle, une flamme danse avec ses bras nus dans le ciel
(ce peut-il que je sois en transe, ayant refusé l'hydromel ?)
et son cheveu, libre, fébrile, emporte avec lui les étoiles
en un sentencieux et gracile éloge aux fastes Saturnales

Hé ! Hé ! Aucune autorité n'a lieu, ici, de s'imposer...
Aux rives du Pas de Calais, danse, dense, l'humanité
pour l'amour de son cœur de gloire* !
au miteux revers de l'Histoire...

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tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
* plagiat d'un de mes vers favoris, extrait d'un des "Dimanches" de Jules Laforgue.

Illustration d'en-têt(é !) : Calais, @Cyrille Pomès.