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11 sept. 2022

Dites-moi "clan" !

"Mais peut-il être question
D'aller tirer des exemplaires
De son individu si on
N'en a pas une idée plus claire ?"
>J.L.<

_zebra-family_René Maltête


Ceux de juillet... les aoûtats...
et tous les autres, restés las,
n'auront jamais connu la chance
que c'est de prendre des vacances,
n'importe quand...
comblés, papa, maman et moi !

La famille, cet uniforme
au livret dédié à la norme,
ne fut jamais notre credo,
ni pour la patrie - loin s'en faut !
ni par le sang,
mais pour nous réclamer de L'Homme...

Arpentant, d'une mer étale,
la promenade littorale,
la chaîne intime de nos mains
- un lot commun,
au-devant du vide abyssal

Nous, c'est l'amour qui va son cours,
à son allure et chaque jour,
avec, au cœur, la certitude
que ce n'est pas une attitude,
mais le festin
d'allier en chœur nos solitudes

Pour le "Livret de famille" proposé en atelier d'écriture
par Filigrane, sur le visuel affiché.
tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

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10 sept. 2022

porte-avenir

porte_avenir (1)

Quelque irrépressible attirance
avait figé là mon regard
à l'opposé de ce couloir
où j'avançais à pas prudents
au ventre une crainte morose
aspiré par la porte close
fermée sur l'obscure évidence
que j'allais perdre mon enfance

porte_avenir (2)

Mon souffle s'emballe et m'affole
comme à l'instant de se noyer
j'aimerais tant me réveiller
et me rhabiller pour l'école
mais je ne dors pas, au contraire !
j'avance droit sur le mystère
et ce que j'allais y trouver
L'instant d'après, poignée en main
prêt à ouvrir
le passage vers mon destin
je crois mourir

porte_avenir (3)

"Que me vaut cet air effrayé ?"
t'entends-je dire...
"Allons, chéri, viens te coucher;
il faut dormir.
Il attendra jusqu'à demain,
notre bout de chou à venir."

porte_avenir

Avec les mots : Attirer. Affoler. Effrayer. Fermer. Ouvrir. Trouver. Aimer. Perdre. Mourir. Noyer.
un poLème pour un Devoir du lundi (chez La Bourlingueuse), versé au recueil "héberge-m'en" sur son blog dédié.
tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
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05 sept. 2022

Episode 56 - Suspens dus

Cinquante-sixième commande proposée par l'Atelier en question(s) :
"Faisait-elle vraiment attention à vous ?" ;

Voyez plutôt... (allez ! vous avez bien cinq à dix minutes, chrono en main) 😎 


Vintage stories : " Suspens dus ! "


-- Ecosse, mai 1998 --

Lord William Edern Tolhurst faisait rouler l’or du cognac depuis sa paume, lovée sous le verre à cul rond - comme il se doit. Il patientait, dans le fringant boudoir écossais de la fameuse Airisaig House, ancien quartier général du SOE pour les rouhgning schools, soient les écoles spéciales de renforcement (usine à agents du renseignement britannique), qui furent déployés sur tous les fronts de la seconde guerre mondiale, puis prolongées durant la Guerre Froide et maintenues depuis, pour la meilleure part, sur le continent européen.
Au terme d’une piste bardée d’ornières qui ne méritait vraiment pas le nom de route, le manoir, protégé par une forêt de pins, se situait face à une mer sombre et impétueuse, sous un ciel obscur, même en plein jour, et tournant le dos à une lande désolée, balayée par des vents rageurs, so scottisch!

Depuis deux ans, Lord William, originaire du Radnorshire, est à présent officiellement en charge de la fusion des comtés de Montgomery, Radnor et Brecknock, dans ce qui s’appelle désormais le comté du Powys, en pays de Galles.
Pour le grand public, le baron fut élevé au rang de comte pour mener à bien ce rapprochement, voulu par la Couronne à des fins tout à fait politiques. En réalité, plus ou moins secrètement, le Lord gallois commande une division de soldats commando, œuvrant principalement au Moyen-Orient, près de la frontière turco-irakienne.

Très confidentiellement, Lord William attendait donc, dans le manoir de Airisaig House, la tenue d’un comité mixte, constitué de représentants actifs des forces de l’OTAN - dont les USA, bien sûr, mais la France exceptée (réfractaire), et de forces élargies aux pays du Common Wealth, ainsi que celles, opportunément conviées, de l’Arabie Saoudite.

L’objet de la réunion à venir, Lord Tolhurst le savait, servirait de point d’achoppement au lancement d’un conflit “ouvert” en Irak, à plus ou moins court terme.

Les Américains voulurent la nommer Operation Iraqi Liberty, mais l’acronyme (OIL) offusqua les Français qui finiront par se désolidariser complètement de l’entreprise (quoique rebaptisée Operation Iraqi Freedom), sachant pertinemment que le prétexte pour l’engager (la détention et l’emploi d’armes chimiques par l’Irak contre sa population - kurde) n’était que fumisterie, et risquait de déstabiliser une zone, Ô combien sensible, pour être le carrefour, très influent sur le marché, de gazoducs et d’oléoducs ayant pour source la Russie…

Mais là n’était pas la raison des plis soucieux creusant le front, tacheté de rousseur, du lord gallois, dont la main libre crispait le poing.

Non. Son souci, c’était de se savoir père d’un enfant illégitime, bientôt à naître, du ventre de sa bien-aimée, Anne-Sophie Hermeline Grangier. Quoique talentueuse et progressiste capitaine d’industrie française au conséquent portefeuille financier, Anne-Sophie Grangier, œuvrait aussi et bénévolement en qualité de co-administratrice en chef du camp de réfugiés (principalement kurdes) situé sur la frontière turco-irakienne où les deux amants s’étaient rencontrés, deux ans plus tôt, au printemps de l’année 1996.
Pire (à ses yeux, de nobliau des plus traditionnels !), jamais cet enfant ne pourrait porter son patronyme. Anne-Sophie avait été catégorique à ce sujet. Il lui fallait un héritier. Ce, pour entériner les enjeux stratégiques de son union de façade avec le clan Baumann, industriels prussiens et ultra-conservateurs, mais possédant les outils industriels qui manquaient à son patrimoine français. Si Anne-Sophie ne consentirait jamais à ce que son enfant portât le nom de son époux (par alliance intéressée), ni celui de son géniteur (quoique bien aimé), il porterait le sien : Grangier.

Dans son autre poing fermé sur sa cuisse, sir William froissait le télégramme (!) émis par sa chère Hermeline - ainsi qu’il aimait la nommer :
“...Son prénom t’appartient, en revanche. Quand tu le voudras, dis-le moi. Je ne m’y opposerai pas. Je te dois bien cela.”
Disait Celle, la Seule qui l’ensorcèle.

Quelque deux heures et demie plus tard, dans le salon cossu, aux parois truffées d’écussons, d’épées, d’étendards, de hallebardes, habillant l’ovale d’une large table, surgit une interrogation :
“Et donc, Lord Tolhurst, vous pensez-vous à même de conduire et mener les opérations, que nous dirons “préparatoires”, “de suivi” et “d’achèvement”, avec la discrétion et l’efficacité dont votre commando a toujours su faire preuve, sur le terrain et sa périphérie ? Commandant ?... Commandant Tolhurst ?...”
Mobilisant l’autre partie de son cerveau demeurée en prise avec le réel, William Tolhurst, sans feindre s’excuser d’une partielle absence - que ses interlocuteurs auront pris pour une intense concentration, s’exprima brièvement en retour, avec une détermination sans appel :
“Affirmatif."

“And to hell with the CIA or whatever might come from the USA!” maugréa, pour lui-même, le soldat viscéralement dévoué à La Couronne, dont il porte haut les emblèmes, jusque dans ses pires zones d’ombre.

La tablée, satisfaite, avant de se quiter, passa aux congratulations de mise, qui à grand renfort d’empoignades appuyées, qui à de viriles bourrades, qui faisant passer un billet… C’était plié ! La Guerre des Trois aurait bien lieu. Celle entre l’obscurantisme et le capitalisme (quoiqu’ils aient des enjeux communs), avec tout plein de sale argent au beau milieu.

Dans le couloir qu'il parcourait avec son officier d'intendance, William E. Tolhurst l'entendit lui poser cette question, qui lui sembla frappée au sceau du plus simple bon sens :
"Sauf votre repect, Milord, quand elle vous a annocé être la mère de votre enfant, faisait-elle vraiment attention à vous, monsieur ?"

William, sans répondre, s'épongea le front.
"Da hell, wid doz Frenchies!!!", hurla-t-il en lui-même.

 

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(la suite prochainement)

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Pour embrasser tout le fil du feuilleton.


tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
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Le feuilleton développe à présent sa DEUXIÈME PARTIE
Intitulée 
"vintage stories", elle opère un retour sur les motivations des personnages, principalement autour de celles qui conduiront Anne-Sophie Grangier, mère du personnage central, à convaincre Sophronyme de renverser le modèle mondial dominant. 
Le principe de publication demeure le même; il répond aux questions hebdomadaires posées par l'Atelier en question(s), proposé par AnnickSB (que je ne remercierai jamais assez pour cette heureuse intiative).

04 sept. 2022

folle école - mélo vélo

Quoi d'autre qu'un matin pluvieux
pour clore cette nuit de braise ?
L'air ayant déserté les cieux
ne restait qu'à fondre nos glaises
en alliages aventureux
jusqu'à ce ventre vaporeux
où se mêlent nos souffles d'aise
après nos râles délictueux

***

Peut recompter ses doigts de fée
au garde-à-vous, sur la couture
eh, le lunaire farfadet
aux pantalons des forfaitures
incidemment énamourées

***

Vaille que vaillent
Chère Bataille
nos flammes dans ce feu de paille !

***

Tu m'as demandé pourquoi moi et non quelque autre
Oh, ça ira... Ici, c'est toi et non quelque autre

***

Et caracolle, Folle Ecole, en nos rigoles !

bunuel2

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31 août 2022

boniment

Bonimenteur, mieux à ses heurs qu'à l'heure en pente
où vont sombrer, du jour, et le miel et la fiente
- d'aucuns diront, à le voir vêtu de fric-frac :
"Ce gars n'inspire aucun frisson,
il ne casse pas la baraque !"

Oh, sont-ils donc si quotidiens,
les passants sur ce champ de foire
allant de l'avant, sans rien voir
bu le café, dans le marc sien ?

N'étaient mes fortes portes propensions à m'en navrer
leur dirais : "C'est pas des façons que dénigrer,
pour l'aspect de ses pantalons, ce petit homme !
Voyez plutôt quel trajet il propose; en sommes ?"

Il flotte, alentour, un suspens du crépuscule
à l'étrange énoncé peint sur son véhicule

Mars, eh ! Pas moins ? Elle m'intrigue, cette invite;
à l'en croire, à son boniment, ça irait vite
et sans coup férir, du moment que rien sur terre
ne nous exempte du voyage
ni de son lent mystère...

Eh ben, voyons où ça nous mène, cette annonce
faisant fi et de la semaine et de réponses !

Ne pas s'encombrer - c'est le jeu
qui m'entraîne, à travers les cieux,
dans ce périple aventureux
pour fair' la nique !
aux buts vains et trop sentencieux des Amériques

Trip to Mars, ça m'a pris d'un coup !
(pour ? allez, quoi : trois francs, six sous ?)
Je n'en reviendrai de sitôt, car, après tout,
peut me chaut d'achever ici ce long mois d'août.

AI-2208_boniments

tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
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Pour l'Agenda Ironique du mois d'août 2022,
méritoirement hébergé par l'
Ornithorynque.

Par ici : toutes les contributions du mensuel.

Illustration :
Trip to Mars 10 cents. Carnival side show, circa 1900.

 

29 août 2022

Confit d'anse

C'est phare d'eau que ce fardeau, en pleine berne
le cul rivé à ce radeau, en volontaire
absolue morgue d'un exil porté au loin
des rivages courus, des champs de foin

Où donc aller pour s'envoler, le cœur fébrile
vers les nuées dénaturées, leurs dieux fragiles
sinon depuis cet océan dont s'enivrent les quatre vents
aussi quelques rêves atlants, grains amassés en sables blancs ?

N'était l'instant qui me saisit et me transporte
las, sur la rive où pourrissent nos lettres mortes
(y suis mort - oh ! combien de fois, à t'espérer
mon seul amour, en ceinte cour et son pavé)

Finirons-nous, mon songe flou - là, sans attendre !
par désoler tous les courroux que veut répandre
un ciel orageux et fielleux, sous le concert
d'antiques dieux rongés par un vilain cancer ?

Il faisait beau, hier encor, sur cette rive...
Aujourd'hui pleuvent et m'émeuvent les missives
que tu n'auras pas même lues, jamais reçues
qui, sur mon dos, font un ballot de vaines vues

Accorde-moi quelque confiance en cet amour
que je trimballe sous les vents, la nuit, le jour
toile gonflée par le marin, sur les abîmes
comme sait chanter le serin, depuis les cîmes

N'était l'instant qui me saisit et me transforme
- Ô rêve fou ! Ô songe flou ! l'Or est énorme
et joue son drame quotidien et vespéral
sachant ce qu'en fera mon vain Senti Mental

Curant le veuf et l'orphelin désir brutal
de te remporter à nouveau, Ô mon Final
les vagues vont - et tout du long ! mener la danse
au point de croix de mes émois - quoi que j'en panse !

Et, pourtant que j'y sois contraint, en rêve dense
c'est phare d'eau que ce fardeau, mais j'ai confiance !
en mon destin de chien marin virevoltant
sans embellir aucun rayon de mon serment

 

dark4_wet-MOON

tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
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Pour un  Défi d'Evy n°352
Sur le thème : "Le miel"; avec les dix mots proposés :
Confiance, Envoler, Virevolter, Fragile, Rayons, Fardeau, Instant, Attendre, Embellir, Transporter...
+ (au moins) 8 mots qui finissent par " ES "
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+ Une histoire vécue
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(ci-dessous)


 

Honey Pie, THE BEATLES (White Album), The Beatles, 1968.