Cinquante-cinquième commande proposée par l'Atelier en question(s) :
"Vous ne voulez pas emporter un parapluie dans votre valise ?" ;

Voyez plutôt... (allez ! vous avez bien cinq à dix minutes, chrono en main) 😎 


Vintage stories : " Bons vents ! "


-- Paris, Hôtel Grangier, mi-avril ‘98 --

Vous ai-je bien régalés, messieurs ? demanda Anne-Sophie Grangier à son prussien de mari et son fourbe secrétaire.”
Comme à son habitude, Karl afficha une moue à peine expressive, tandis que ruther, son secrétaire, se répandit en éloges surannés.
“Je ne vous retiens donc pas plus longtemps, messieurs; il se trouve que j’ai à faire ailleurs, incessamment sous peu, déclara Anne-Sophie, avec l’autorité que chacun lui connaît, pour qui gravite dans les hautes sphères de décisions de la finance comme de l’industrie.”
Au moment de franchir le seuil de l’appartement privé de son épouse, Karl Baumann marqua un temps d’arrêt avant de lui poser cette question :
“Quand vous dites ‘ailleurs’, ma chère, cela signifie-t-il quelque part outre l’Europe ?”
Anne-Sophie prit le temps de respirer profondément avant de répondre avec aplomb :
“- Mais qu’est-ce que vous pouvez bien en avoir à foutre, très cher !? Vous y tenez ? Je vous le dis : je me rends en Irlande.
“- Chez votre vieil oncle anarchiste ? Mais non… soupira Karl, méprisant.
“- Mais bien sûr que oui, Karl, rétorqua Anne-Sophie. Il a toujours été de bon conseil…
“- Comme de m’épouser, peut-être ? l'interrompit le Prussien, ironique à présent.
“- Ah, ça ! Non, pas ! affirma Anne-Sophie, soutenant le regard dédaigneux de son époux. Je m’en vais prendre conseil, auprès de lui, concernant ma proche maternité.”

Karl Baumann, digérant l’info, manifestait un franc dégoût.
“Oui, bon, ça va ! persifla-t-il. Faites donc comme bon vous semble, mais, je le dis dans l’intérêt de cet enfant à naître, ne manquez pas de vous munir d’un solide parapluie.”
À ces mots, Rutger, le secrétaire, ne put s’empêcher de lâcher un petit rire sarcastique.

Anne-Sophie n’offrit aucune occasion à la paire de salauds qui encombrait son pas de porte de se livrer à davantage de propos dénigrants. D’un geste, elle les congédia avant de refermer sur elle la porte de ses appartements privés.
Après tout, elle était encore chez elle ici, oui ou non ?

La porte refermée, elle sentit, dans son dos, la présence familière du jeune Arivetso, jeune malgache dévoué, attaché à son service comme, de longtemps, ses parents. Il n’avait qu’un peu plus de dix ans et le voici qui fredonnait une comptine, dont il prenait visiblement plaisir à la dévoyer :
“Un petit oiseux, un petit noiseux, aimaient tant se vendre…”

 

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>la suite, évidemment<

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Pour embrasser tout le fil du feuilleton.


tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
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Le feuilleton développe à présent sa DEUXIÈME PARTIE
Intitulée 
"vintage stories", elle opère un retour sur les motivations des personnages, principalement autour de celles qui conduiront Anne-Sophie Grangier, mère du personnage central, à convaincre Sophronyme de renverser le modèle mondial dominant. 

Le principe de publication demeure le même; il répond aux questions hebdomadaires posées par l'Atelier en question(s), proposé par AnnickSB (que je ne remercierai jamais assez pour cette intiative).