Quarante-sixième question posée par l'Atelier en question(s) :
"Mais pourquoi tant de haine ?" ;

Voyez plutôt... (allez ! vous avez bien cinq à dix minutes, chrono en main) 😎 


Vintage stories : " Orgues brumeuses "


-- Lombardie, Villa***, 2 avril 1998 --
Contraint de reprendre ses fonctions de commissaire, quoique dépité de rester sans nouvelles de son agent favori, le major Robert Merle, Henri Varlotta s’était saisi en urgence d’un dossier de la Crim’, dans lequel se jouaient diverses ramifications entre ses services, ceux des Narcos, de la BAC, et ceux d’Interpol.
Une mauvaise toile aux forts relents de grand banditisme, quoi.
L’affaire venait de rebondir en Lombardie, par la découverte d’un bain de sang, commis dans ce qui s’avérait être la tanière d’un magna italien, chapotant divers trafics - dont le commerce d’armes ou celui d’êtres humains.

Parmi les victimes du carnage figurait un agent infiltré de la Crim’, officiant comme personnel de maison, dans l’antre du mafioso, notoire partisan et contributeur de l’ère fasciste.
En cela, le malheureux policier avait rejoint le sort du prédécesseur de Varlotta, le commissaire Jacques Heller, froidement abattu, devant son commissariat, quelques mois auparavant. Ce qui avait valu à Varlotta de monter subitement en grade. Non sans mérite, toutefois. On l’en avait assuré. Il le savait, Ô combien ! ayant été le zélé principal adjoint de son mentor. Heller était mort dans les bras de Varlotta; raison pour laquelle le jeune commissaire voulait traiter cette affaire en priorité. La première de sa carrière à ce poste.
Sa conclusion le porterait bientôt à figurer durablement au rang des plus fins limiers de France et de Navarre, d’Europe, même; on n’en était toutefois pas encore là…

Rendu sur les lieux, comme dévastés par une tornade intérieure, Varlotta nota la méticulosité avec laquelle ces assassinats avaient été perpétrés. Tous portaient, indéniablement, la marque des nervis au service des mafieux. C’était “propre”, “net”, expéditif; à l’exception de l’agent infiltré qui s’était peut-être défendu, ayant manifestement été roué de coups, et dont le visage tuméfié à l’extrême avait presque l’aspect d’un steack haché.
Pourquoi tant de haine ? se demanda Henri Varlotta, presque pour la forme, puisqu’il s’agissait d’une évidente exécution mafieuse.”

-- Paris, les Grands Boulevards, avril ‘98 --
En son hôtel, sis sur les Grands Boulevards et portant haut son patronyme, Anne-Sophie Grangier s’interrogeait sur la conduite à tenir, quand son époux, le libidineux Karl Baumann, rentrerait de ses frasques orientales.
Bien sûr, son union (tactique) avec l’industriel prussien lui procurait l’outil ancré dans l’économie réelle qui manquait à l’achêvement de sa position dominante au sein de la finance mondiale. Mais à quel prix !
Karl était une caricature de débauché fortuné, doublé d’un criant manque pour le sens des affaires, rétrograde au possible, quand le XXIème siècle approchait à grands pas, réclamant, çà et là, sa part d’innovations - de tous ordres, économiques ou sociétaux.

Anne-Sophie approchait le terme d’une grossesse résultant de ses amours adultérines avec le commandant William Edern Tolhurst, responsable d’un détachement commando britannique déployé au nord de l’Irak, où se préparait l’invasion occidentale du terrain de jeux de Saddam Hussein.
Certes, le fils qu’elle portait assurerait sa succession (motif convenu entre les deux époux), mais Anne-Sophie s’inquiétait également des prétentions que Karl Baumann pourrait envisager, au sujet de l’éducation de l’enfant qu’il avait consenti à reconnaître pour sien.

Elle rédigea un câble (l’internet n’était pas encore étendu à la Thaïlande) à destination de l’hôtel où séjournait son époux, lui disant, en substance, qu’elle souhaitait s’entretenir avec lui des suites à donner à cette naissance prochaine.
La réponse que Baumann lui retourna fut aussi grossière qu’inattendue :
“Fais bien comme tu veux, salope !”
Anne-Sophie, d’abord tentée de jeter la missive, se ravisa et la conserva à l’abri de son coffre personnel.
Mais pourquoi tant de haine ? soupira-t-elle, regagnant, dans sa chambre particulière, son secrétaire marqueté d’acajou et de noyer.”
Elle prit alors la décision de consigner dans un cahier tout ce qui pourrait lui être utile, en cas de litige (vraisemblablement inévitable) avec le prussien sans vergogne.

À ses pieds, sur un tapis moëlleux, le jeune Arivetso (alors âgé d’une bonne dizaine d’années), voué à sa compagnie comme ses parents malgaches le sont à son service personnel, composait une structure complexe avec les briquettes d’un jeu à la mode depuis peu : les kaplas.


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*** 

>la suite<
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Pour embrasser tout le fil du feuilleton.


tiniak ©2022 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
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Le feuilleton développe à présent sa DEUXIÈME PARTIE
Intitulée 
"vintage stories", elle opère un retour sur les motivations des personnages, principalement autour de celles qui conduiront Anne-Sophie Grangier, mère du personnage central, à convaincre Sophronyme de renverser le modèle mondial dominant. 

Le principe de publication demeure le même; il répond aux questions hebdomadaires posées par l'Atelier en question(s), proposé par AnnickSB (que je ne remercierai jamais assez pour cette intiative).